V82 : la Vallée de la Baïse à vélo - carte, itinéraire en 5 jours et guide complet
- Julien Audigier
- il y a 40 minutes
- 22 min de lecture
Vous cherchez une itinérance à vélo en Occitanie qui mélange voies vertes, petites routes de campagne, bastides, patrimoine, gastronomie et nature ? Je vous emmène découvrir la V82, la Vallée de la Baïse à vélo, entre Agen et Lannemezan.
J’ai parcouru cet itinéraire pendant 5 jours et environ 200 km, du Lot-et-Garonne jusqu’aux Hautes-Pyrénées en passant par le Gers...Et j’ai adoré !

La première partie est particulièrement roulante avec le canal et les anciennes voies ferrées aménagées en voie verte. Dans le Gers, le parcours change complètement avec de superbes petites routes vallonnées au milieu des champs, des vignobles et des forêts. Puis les Pyrénées apparaissent progressivement avant l’arrivée à Lannemezan.
Mais la V82, ce n’est surtout pas seulement du vélo.
Pendant ces cinq jours, j’ai découvert des bastides médiévales, un incroyable moulin fortifié, l’histoire d’Henri IV à Nérac, une abbaye cistercienne abritant une collection d’art assez dingue, des producteurs d’Armagnac et de vins de Gascogne, une ferme autour du canard ou encore l’un des principaux sites d’observation des oiseaux migrateurs des Hautes-Pyrénées.
Le genre d’itinérance où j’aime particulièrement prendre mon temps !
Voici donc mon guide complet de la Vallée de la Baïse à vélo, avec la carte, mes 5 étapes, les lieux incontournables, les activités, les restaurants et mes hébergements.
Sommaire : préparer son itinérance à vélo sur la V82
1 - La carte et le parcours de la V82 : la Vallée de la Baïse à vélo

La V82 permet de remonter la vallée de la Baïse en direction des Pyrénées.
Pour cette itinérance, j’ai choisi de commencer directement à la gare SNCF d’Agen. C’est super pratique : j’ai laissé ma voiture à Agen avant de la récupérer cinq jours plus tard après être revenu en train depuis Lannemezan. Depuis la gare, on rejoint rapidement le pont-canal d’Agen, puis le canal latéral à la Garonne avant de poursuivre vers Feugarolles. C’est une excellente mise en jambes : le terrain est plat, on roule tranquillement au bord de l’eau et la circulation est pratiquement inexistante. On rejoint ensuite une ancienne voie ferrée aujourd’hui transformée en voie verte en direction de Vianne, Barbaste et Nérac.
Cette première partie dans le Lot-et-Garonne est vraiment accessible et permet de découvrir plusieurs sites patrimoniaux sans quitter longtemps le parcours.
À partir de Nérac puis surtout du Gers, l’ambiance change.
La V82 emprunte davantage de petites routes partagées, mais j’ai trouvé la circulation vraiment faible sur la majorité du trajet. Et personnellement, j’ai adoré !
Voici le pdf avec l'ensemble de la carte de la V82 entre Agen, Buzet-sur-Baïse et Lannemezan :
Les routes sont légèrement vallonnées et serpentent entre champs de tournesols, petits bois, vignobles et villages gascons. Après Mirande, le relief augmente progressivement jusqu’au plateau de Lannemezan. Les Pyrénées apparaissent de plus en plus nettement à l’horizon et donnent une vraie impression de progression au voyage.
Mon itinéraire à vélo sur la V82 en quelques chiffres
Départ : gare SNCF d’Agen
Arrivée : gare SNCF de Lannemezan
Distance : environ 200 km
Durée : 5 jours
Dénivelé positif : environ 1 900 m D+
Départements : Lot-et-Garonne, Gers et Hautes-Pyrénées
Type de parcours : voie verte et véloroute
Vélo conseillé : vélo de route, gravel ou VTC. (90% est sur terrain lisse)
Difficulté : intermédiaire et accessible avec une pratique régulière du vélo
Avec environ 40 à 50 km par jour, ce découpage permet surtout de garder beaucoup de temps pour les visites.
Et c’est selon moi exactement comme cela qu’il faut découvrir cette véloroute.
Le tracé GPX complet de la V82 entre Buzet-sur-Baïse et Lannemezan
2 - Mes 5 étapes sur la Vallée de la Baïse à vélo depuis Agen
Étape 1 : d’Agen à Nérac
42 km – 2h30 de vélo – 160 m D+
Une première journée très accessible.
Depuis la gare d’Agen, je rejoins le pont-canal, puis le canal avant de basculer sur une ancienne voie ferrée aménagée en voie verte. Le parcours est roulant et largement sécurisé. Les principales découvertes sont la bastide de Vianne, le superbe Moulin des Tours de Barbaste et enfin Nérac.
L’arrivée dans la ville avec la vue sur la Baïse et le vieux pont est magnifique. Nérac sera mon coup de cœur du Lot-et-Garonne !
Étape 2 : de Nérac à Castéra-Verduzan
53 km – 3h de vélo – 490 m D+
On entre progressivement dans le Gers et la véloroute devient plus vallonnée.
Premier arrêt à Moncrabeau, le village des menteurs, avant une dégustation d’Armagnac au Château Le Courréjot.
Je poursuis ensuite par Condom, la double écluse de Graziac et surtout l’impressionnante abbaye de Flaran.
Une journée particulièrement riche en patrimoine et gastronomie !
L’arrivée se fait à Castéra-Verduzan, avec une nuit juste au bord du lac.
Étape 3 : de Castéra-Verduzan à Mirande
40 km – 2h30 de vélo – 360 m D+
Probablement l’une des étapes que j’ai préférées pour rouler.
On emprunte de petites routes vallonnées avec très peu de circulation entre champs, forêts et paysages gascons.
Je m’arrête au domaine de Herrebouc pour découvrir ses vins de Gascogne avant de poursuivre jusqu’à L’Isle-de-Noé.
L’après-midi, je laisse le vélo quelques heures pour faire du canoë sur la Baïse à Mirande.
Une journée qui se termine dans la superbe bastide de Mirande, mon coup de cœur du Gers.
Étape 4 : de Mirande à Galan
50 km – 3h de vélo – 560 m D+
Le relief devient progressivement plus important à l’approche des Hautes-Pyrénées.
Je commence la journée par une visite de la Ferme de la Patte d’Oie, puis je rejoins Trie-sur-Baïse.
Je fais ensuite un détour par le lac de Puydarrieux avant de terminer la journée dans la bastide de Galan.
Les Pyrénées commencent désormais à vraiment se dessiner dans le paysage.
V82 - Étape 5 : de Galan à Lannemezan
16 km – 1h15 de vélo – 300 m D+
Seulement 16 km pour cette dernière étape mais davantage de dénivelé !
Depuis Galan, on grimpe progressivement vers le plateau de Lannemezan.
Une dernière portion courte qui permet de rejoindre tranquillement la gare SNCF de Lannemezan et de terminer directement à quelques mètres du train.
La logistique est vraiment parfaite.
Pour les plus ambitieux, vous pouvez continuer votre route sur la V81 pour rejoindre Lourdes, Tarbes, l'Océan Atlantique ou la Méditérannée !
3 - Quel vélo et quel matos choisir pour parcourir la V82 ?

Pour moi, le gravel est probablement le vélo idéal pour parcourir la Vallée de la Baïse.
Il permet d’être à l’aise partout et surtout de conserver un bon rendement sur les nombreuses portions goudronnées.
Mais ce parcours est également parfaitement adapté :
à un VTC ;
à un vélo de voyage ;
à un vélo électrique ;
voire à un vélo de route en évitant 5% des parties moins évidente (autour de Moncrabeau)
Les revêtements ne nécessitent pas de VTT.
Je conseille surtout de privilégier le confort. Des pneus compris entre environ 35 et 45 mm sont parfaits pour ce type d’itinérance.
Un VAE peut également être une excellente solution, notamment pour les deux dernières étapes où le relief est plus présent à part si vous choisissez de partir de Lannemezan vers le Nord !
J'ai pris des sacoches de 30L Ortlieb, chacune à l'arrière accroché à un porte-bagage avec 4 tenues, 2 cuissards, un maillot de bain, une veste coupe-vent et une tenue pour le soir ainsi que les nécéssaires de toilettes. J'ai choisi des hôtels, chambres d'hôtes et campings qui fournissaient les serviettes.
J'ai également pris mon ordinateur pour travailler à l'arrivée. Car oui, j'ai eu le temps de bosser un peu.
J'apprécie également avoir une sacoche sur le guidon pour accéder facilement à une batterie externe, mon drone ou ma caméra Insta360.
Il restait de la place dans les sacoches pour rammener quelques souvenirs de type vin rouge ou Armagnac !
4 - Que voir sur la V82 ? Mes 15 incontournables entre Agen et Lannemezan
Le gros point fort de la Vallée de la Baïse est la quantité de choses à découvrir sur seulement 200 km.
Voici les 15 lieux qui m’ont le plus marqué pendant ces cinq jours à vélo.
1 - Le pont-canal d’Agen

Difficile de trouver un meilleur monument pour commencer cette itinérance.
Quelques kilomètres seulement après la gare d’Agen, le parcours rejoint cet impressionnant ouvrage permettant au canal de franchir directement la Garonne.
Le pont-canal appartient au canal latéral à la Garonne, construit au XIXe siècle afin de prolonger le canal du Midi vers l’Atlantique.
Lorsque l’on arrive à vélo, la sensation est assez étonnante : on roule littéralement sur un canal suspendu au-dessus du fleuve !
C’est également un superbe point de vue sur la Garonne et Agen.
Ce premier arrêt donne immédiatement le ton du voyage : eau, patrimoine et vélo.
2 - Le canal latéral à la Garonne

Avant même de rejoindre réellement la Baïse, on commence l’itinéraire en longeant le canal latéral à la Garonne, qui forme avec le canal du Midi le grand ensemble du Canal des Deux Mers.
C’est l’une des portions les plus faciles du voyage. On roule pratiquement à plat au bord de l’eau, généralement à l’ombre des arbres.
Parfait pour les premiers kilomètres avec un vélo chargé ! J’ai également aimé ce contraste entre cette première partie très rectiligne et les petites routes beaucoup plus vallonnées que l’on retrouvera ensuite dans le Gers.
Après quelques kilomètres, on quitte le canal pour prendre la direction de Vianne et rejoindre l’ancienne voie ferrée aménagée en voie verte.
3 - La bastide fortifiée de Vianne

Première grosse découverte historique : Vianne.
La bastide a été fondée en 1284 à la suite d'un acte de paréage entre Jourdain de L’Isle et Jehan de Grailly, sénéchal de l’Agenais pour le roi d’Angleterre Édouard Ier.
Et son nom possède une histoire assez originale.
Jourdain de L’Isle décide de baptiser la nouvelle ville en hommage à sa tante Vianne de Gontaud-Biron, qui lui avait transmis ses terres.
C’est ainsi que Vianne est devenue l’une des rares bastides à porter un nom féminin.
Surtout, elle a remarquablement conservé son organisation médiévale.
Près de 1 250 mètres de remparts, quatre portes d’origine et deux tours d’angle sont encore visibles. La construction de la bastide elle-même n’aurait nécessité qu’environ trois années, entre 1284 et 1287. Son église est encore plus ancienne puisqu’elle précédait la création de la bastide d’environ 150 ans. Une vraie pépite sur la voie verte.
4 - Le Moulin des Tours de Barbaste

Quelques kilomètres après Vianne apparaît un monument que l’on prendrait facilement pour un château.
Et pourtant, il s’agit bien d’un moulin !
Le Moulin des Tours de Barbaste est présenté comme le plus grand moulin fortifié de France.
Ses quatre tours culminent à près de 30 mètres de hauteur.
Construit au XIVe siècle, l’ensemble devait évidemment moudre le grain, mais sa position était également stratégique. Les tours, meurtrières, créneaux et chemin de ronde permettaient de contrôler et protéger le franchissement du pont sur la Gélise et le poste de péage.
Le personnage le plus célèbre associé à Barbaste est évidemment Henri IV.
Le futur roi faisait régulièrement étape ici lorsqu’il se rendait dans son parc de chasse de Durance.
Et il aurait même parfois signé ses lettres :
« Henri, le meunier de Barbaste ».
J’adore l’anecdote !
Le moulin, le vieux pont et la rivière composent en plus l’un des plus beaux panoramas de la première étape.
5 - Nérac et le château Henri IV

Mon coup de cœur du Lot-et-Garonne !
J’ai tout de suite aimé Nérac avec ses quais, la Baïse, son vieux pont et ses belles maisons.
Mais la ville possède surtout une histoire majeure liée aux Albret et au futur Henri IV.
Nérac devient une importante cité royale et la capitale de l’Albret.
Entre 1577 et 1582, le château est même la résidence principale d’Henri de Navarre, futur Henri IV, et de son épouse Marguerite de Valois, la fameuse Reine Margot. Pendant plusieurs années, Nérac devient ainsi l’un des centres de son gouvernement.
Il ne subsiste aujourd’hui qu’une aile de l’immense château d’origine, mais elle possède encore une superbe galerie Renaissance. Je vous conseille également de découvrir le parc royal de la Garenne, aménagé sur environ deux kilomètres le long de la Baïse. On y retrouve notamment la légende de Fleurette, jeune femme qui serait tombée amoureuse du futur Henri IV. La tradition locale associe même cette histoire à l’expression « conter fleurette ».
Et surtout, ne ratez pas la vue sur Nérac depuis le vieux pont !
6 - Moncrabeau, le village des menteurs

Voici probablement le village le plus original de la V82 !
Moncrabeau est surnommé le village des menteurs.
Et ce n’est pas nouveau. Son Académie des Menteurs a été créée en 1848.
Depuis 1972, le village organise également chaque premier dimanche d’août son fameux Festival des Menteurs, qui attire plusieurs centaines de personnes. Mais pas besoin d’attendre le festival pour profiter de l’ambiance.
Un circuit des Menteurs permet de parcourir les petites rues en découvrant différentes « menteries », anecdotes et histoires volontairement improbables. Et franchement, j’ai adoré le concept. On découvre le village en marchant tout en lisant des histoires souvent complètement absurdes. C’est drôle, décalé et une super manière de faire une pause après plusieurs dizaines de kilomètres de vélo.
7 - Condom, cité gasconne et ville des Mousquetaires

On entre ici véritablement au cœur de la Gascogne.
Condom constitue l’une des principales villes traversées pendant cette deuxième étape. Son centre historique s’organise notamment autour de l’imposante cathédrale Saint-Pierre. Condom se trouve également sur le GR65, l’un des grands itinéraires empruntés par les pèlerins en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Mais la photo incontournable reste évidemment celle de d’Artagnan et des trois Mousquetaires devant la cathédrale. La sculpture rappelle le lien entre la Gascogne et ces personnages devenus mondialement célèbres grâce aux romans d’Alexandre Dumas. C’est également autour de Condom que l’on entre vraiment sur les terres de l’Armagnac. Et justement, quelques kilomètres plus loin, je suis allé en déguster...
8 - La double écluse de Graziac

Voilà exactement le genre de petite découverte que j’aime pendant une itinérance.
À première vue, Graziac pourrait simplement être une pause au bord de la Baïse. Mais son système de double écluse mérite vraiment quelques minutes. Deux sas successifs permettent aux embarcations de compenser une importante différence de hauteur sur la rivière.
Lorsqu’on voyage à vélo en suivant une vallée, c’est aussi intéressant de comprendre comment cette rivière a été aménagée et utilisée pour la navigation. J’ai particulièrement aimé l’ambiance du site : de l’eau, des arbres et vraiment beaucoup de calme.
N'hésitez pas à vous poser pour faire un pique-nique ici et pour ceux qui viennent en voiture, vous pouvez vous garer et prendr ele temps de discuter avec l'éclusier.
Une petite halte toute simple mais super agréable.
9 - L’abbaye cistercienne de Flaran

Clairement l’un de mes plus gros coups de cœur de toute la V82. L’abbaye de Flaran a été fondée en 1151, à proximité de l’actuelle Valence-sur-Baïse. L’ensemble est un superbe exemple d’architecture cistercienne. Église, bâtiments monastiques, jardins et cloître permettent déjà de comprendre l'organisation de la vie de cette communauté religieuse. Les bâtiments ont ensuite été transformés et remaniés au fil des siècles, jusqu’au XVIIIe siècle.
Mais ce qui m’a vraiment surpris se trouve à l’intérieur.
Flaran accueille la collection Simonow, composée d'une centaine d’œuvres couvrant plusieurs siècles d’histoire de l’art. J’ai pu y voir des œuvres de grands artistes comme Monet, Courbet ou Cézanne, ainsi que de nombreuses sculptures. Je ne m’attendais absolument pas à découvrir une telle collection pendant mon parcours à vélo !
Ajoutez le cloître absolument magnifique et vous obtenez une visite à ne manquer sous aucun prétexte.
10 - Castéra-Verduzan, son lac et ses thermes

Après une grosse journée entre Moncrabeau, Condom et Flaran, Castéra-Verduzan constitue une étape parfaite. Cette petite commune du Gers est notamment connue pour son activité thermale et sa base de loisirs aménagée autour du lac.
Et après 50 km de vélo en été, retrouver de l’eau fait vraiment plaisir ! J’ai dormi directement au Camping La Plage de Verduzan, installé au bord du lac dans un environnement très verdoyant.
L’idée parfaite consiste à poser le vélo, prendre une douche puis aller profiter du coucher de soleil au bord de l’eau. Le programme de mon séjour conseillait d’ailleurs très précisément de terminer la journée avec le coucher de soleil au lac, les pieds dans l’eau.
Simple, mais efficace !
11 - Mirande et son impressionnante église

Mirande est mon coup de cœur du Gers.
Cette bastide possède exactement l’ambiance que j’aime.
Une grande place centrale, de jolies façades, des terrasses et surtout une monumentale église Sainte-Marie. Lorsqu’on arrive devant elle, ses dimensions surprennent vraiment. Son architecture très massive lui donne presque des airs de forteresse. Le centre-ville se découvre facilement à pied après avoir posé son vélo et constitue une très bonne étape pour passer la nuit. Si vous regardez le plan de la ville sur Google Maps, par exemple, vous verrez que sa forme est parfaitement cadriée ! Impressionnant !
Lors de mon passage, j’ai eu en plus la chance de tomber sur un marché nocturne accompagné d’un petit concert sur la place. Du monde, une ambiance très sympa et l’occasion de profiter de la bastide autrement qu’en pleine journée. Et comme nous sommes dans le Gers, la soirée s’est évidemment terminée autour d’un bon confit de canard !
12 - Trie-sur-Baïse et le monastère des Carmes

Nouvelle bastide et nouvelle histoire étonnante.
À Trie-sur-Baïse, j’ai notamment découvert l’ancien ensemble des Carmes.
La date exacte de fondation du couvent n’est pas connue avec certitude, mais elle pourrait se situer entre 1357 et 1365. Au XVe siècle, le couvent prend une importance notable avec une communauté qui aurait compté environ 25 religieux. L’architecture reste cependant relativement sobre : absence de bas-côtés et de transept, chevet à pans coupés et voûte composée de cinq travées. Mais l'histoire devient encore plus étonnante lorsqu'on s'intéresse à son ancien cloître.
Après les destructions et dispersions successives, certains éléments sculptés ont quitté Trie-sur-Baïse. Plusieurs chapiteaux médiévaux attribués au cloître sont aujourd’hui conservés très loin des Hautes-Pyrénées, notamment au musée des Cloisters à New York, consacré à l’art médiéval européen. Une histoire complètement improbable pour cette petite commune des Hautes-Pyrénées !
13 - Le lac de Puydarrieux et les oiseaux migrateurs

Après plusieurs jours très orientés patrimoine et gastronomie, changement total d’ambiance avec le lac de Puydarrieux. Le lac a été créé en 1987 comme retenue destinée à l’irrigation.
Sa superficie atteint environ 220 hectares. Mais sa localisation va rapidement lui donner une fonction complètement différente. Le lac se trouve sur un important couloir migratoire transpyrénéen.
De nombreux oiseaux l’utilisent donc comme halte avant ou après le franchissement des Pyrénées, tandis que certaines espèces viennent également y passer l’hiver. On peut notamment observer des grues cendrées, des oies et différents canards. C’est aujourd’hui un site majeur pour l’observation de l’avifaune dans ce secteur. Je vous conseille vraiment de prendre le temps de faire le détour, surtout si vous possédez une paire de jumelles.
Le coucher de soleil sur le lac peut également être magnifique.
14 - La bastide royale de Galan

Après Puydarrieux, direction Galan pour la dernière nuit. Cette petite bastide constitue une étape particulièrement agréable avant de rejoindre le plateau de Lannemezan. Le village se visite très facilement à pied.Je vous conseille notamment d’aller découvrir la tour-porte sud ainsi que l’église avant de rejoindre votre hébergement.
J'ai eu la chance de monter au clocher avec un expert du patrimoine local qui m'a présenté ces découvertes, ces détails qu'on ne voit pas! Le coucher de soleil la haut était canon, des airs de Toscane avec les maisons colorées de Galan !
Mais ce que j’ai surtout aimé ici, c’est le sentiment d’être arrivé aux portes des Pyrénées.
Le relief a changé, l’horizon est différent et l’on sent que la fin du voyage approche.
Galan est la fin officielle de la V82 ! Elle se mélange avec la V81 pour rejoindre Lannemezan !
15 - Lannemezan, une arrivée idéale pour la V82

Après environ 200 km, Lannemezan marque la fin de cette itinérance. La dernière étape depuis Galan est courte mais possède davantage de dénivelé. On rejoint progressivement le plateau de Lannemezan avec les Pyrénées désormais bien présentes dans le paysage. Mais l’avantage principal de Lannemezan est surtout logistique. La gare SNCF se trouve directement à l’arrivée et permet de repartir très facilement en train.
Dans mon cas, l'organisation était parfaite :
départ depuis la gare d’Agen, cinq jours à vélo et arrivée directement à la gare de Lannemezan pour reprendre un TER en passant par Toulouse.
Pas besoin de navette ou de deuxième voiture, ultra pratique !
Vous avez la possibilité de partir à Lannemezan à l'aller en train et de prendre le temps pour le retour sans avoir un train à prendre ! Cela peut-être stressant !
5 - Les 5 activités à faire pendant la Vallée de la Baïse à vélo
1 - Déguster de l’Armagnac au Château Le Courréjot
Impossible de traverser la Gascogne sans découvrir l’Armagnac ! Je me suis arrêté au Château Le Courréjot, près de Condom, pour rencontrer Patrick et découvrir toutes les étapes de fabrication. La famille perpétue ici la tradition de la distillation depuis trois générations.
Alambic en cuivre, distillation, vieillissement en barriques et différences entre les millésimes : la visite permet de comprendre tout le travail réalisé avant la mise en bouteille.
Et évidemment, on termine avec une dégustation.
Mon gros coup de cœur : l’Armagnac 1993.
Merci Patrick !
2 - Déguster les vins de Gascogne au domaine de Herrebouc
Autre dégustation, autre ambiance au domaine de Herrebouc.
Le domaine familial exploite environ 18 hectares de vignoble sur des coteaux argilo-calcaires dominant un château et un moulin datant de la fin du XIIIe siècle.
La production est certifiée en agriculture biologique depuis 2010 et travaille également en biodynamie. La visite permet de découvrir les vignes, le chai et évidemment plusieurs vins de Gascogne. J’ai surtout adoré la rencontre avec les propriétaires et la visite des vignes pour comprendre leur fonctionnement !
3 - Faire du canoë sur la Baïse à Mirande
Après plusieurs jours à suivre la rivière à vélo, il fallait bien finir par monter dessus !
À Mirande, j’ai donc troqué quelques heures mon vélo contre un canoë.
L’ambiance est particulièrement paisible. La Baïse serpente au milieu de la végétation et permet de découvrir le territoire complètement différemment.
Une activité que je recommande surtout si vous réalisez l’itinéraire en été.
4 - Découvrir la Ferme de la Patte d’Oie
À Saint-Michel, j’ai rencontré la famille Pérès pour découvrir son activité autour du canard.
La visite permet de comprendre le fonctionnement de l’exploitation, l’élevage et la transformation des produits. Une nouvelle conserverie a notamment été créée en 2022 et les bâtiments ont été aménagés pour permettre l’élevage des canards en plein air.
La ferme utilise également la méthanisation pour produire de l’électricité et du gaz naturel.
La visite se termine évidemment par la boutique. Foie gras, confits et autres spécialités : bienvenue dans le Sud-Ouest !
5 - Observer les oiseaux au lac de Puydarrieux

Dernière expérience et changement total d’ambiance.
Au lac de Puydarrieux, ce sont les oiseaux qui deviennent les stars.
Le lac est notamment utilisé comme site d’étape et d’hivernage par de nombreuses espèces migratrices.
Si vous faites la V82 pendant une période intéressante pour les migrations, prévoyez vraiment une paire de jumelles.
C’est aussi une excellente excuse pour s’arrêter et simplement profiter du paysage.
6 - Où manger sur la V82 ?
La gastronomie fait clairement partie du voyage sur la Vallée de la Baïse. Entre cuisine gasconne, produits locaux et bonnes adresses dans les bastides, voici les restaurants et pauses gourmandes que j’ai particulièrement appréciés.
OZé à Nérac

Une adresse vraiment sympa pour terminer la première étape à Nérac, à quelques mètres de la Baïse. OZé propose une cuisine conviviale avec des assiettes et tapas à partager, dans une ambiance décontractée qui fonctionne parfaitement après une journée de vélo.
J’ai particulièrement aimé la qualité de la cuisine, mais aussi la rencontre avec Guillaume, le patron, vraiment super sympa. Et gros détail que j’ai adoré : il réalise lui-même en céramique ses assiettes et une partie de sa vaisselle ! Ça donne encore plus de personnalité au lieu et aux plats. Génial !
Adresse : 4 rue du Prieuré, 47600 Nérac
Téléphone : 07 63 19 83 89
Site internet / réservation : https://octotable.com/
La Ferme de Flaran à Maignaut-Tauzia
Situé à seulement quelques centaines de mètres de l’abbaye de Flaran, ce restaurant est parfaitement placé pour déjeuner pendant la deuxième étape. La table met en avant une cuisine du marché généreuse et gourmande inspirée du terroir gersois, dans un environnement calme au cœur du Pays d’Armagnac.
C’est vraiment l’adresse pratique pour combiner déjeuner et visite de l’abbaye sans perdre trop de temps sur l’itinéraire.
Adresse : Route de Condom, lieu-dit Bagatelle, 32310 Maignaut-Tauzia
Téléphone : 05 62 29 39 83
Site internet : https://www.fermedeflaran.com/
Le Tic Tic Gascon à L’Isle-de-Noé

Une adresse vraiment intéressante pour faire une pause sur l’étape entre Castéra-Verduzan et Mirande. Le Tic Tic Gascon est installé dans les bâtiments du château de L’Isle-de-Noé, avec un cadre agréable et une cuisine simple, locale et efficace.
J’y ai surtout apprécié le menu du jour, vraiment pas cher et très bon. Clairement une adresse qui vaut le coup si vous cherchez à bien manger sans exploser le budget pendant l’itinérance.
Adresse : Château de L’Isle-de-Noé, 32300 L’Isle-de-Noé
Téléphone : 05 62 06 46 22
Site internet : https://www.le-tictic-gascon.com/
Le Goût 'R 'Mets à Mirande

Installé directement sur la place d’Astarac, en plein cœur de Mirande, Le Goût 'R 'Mets a été une vraie bonne surprise.
J’ai particulièrement aimé l’accueil ultra convivial, mais aussi les assiettes, à la fois généreuses, bien présentées et vraiment gourmandes. C’est exactement le genre d’adresse que j’aime retrouver après une journée à vélo : on mange bien, on prend son temps et l’ambiance est super sympa.
Pour moi, c’est clairement le lieu parfait pour dîner à Mirande. Je conseille vivement !
Et pour terminer le repas comme il se doit dans le Gers : un petit Armagnac à la fin !
Adresse : 7 place d’Astarac, 32300 Mirande
Téléphone : 05 62 05 73 53
Informations : https://www.tourisme-mirande-astarac.com/fr/fiche/restauration/le-gout-r-mets-mirande_TFO7152387/
Le Pain des Lys à Trie-sur-Baïse

Une super découverte pour ma pause à Trie-sur-Baïse ! Le Pain des Lys est une boulangerie-pâtisserie artisanale qui fait aussi salon de thé, parfaite pour s’arrêter tranquillement pendant l’étape.
J’ai vraiment aimé l’ambiance du lieu, simple et super agréable pour faire une vraie pause avant de repartir vers le lac de Puydarrieux. Le couple qui tient l’adresse possède également une autre boulangerie à Galan, justement sur la suite de la V82 !
Et surtout, énorme coup de cœur pour leur glace maison violette-vanille… une vraie tuerie !
Adresse : 37 place de la Mairie, 65220 Trie-sur-Baïse
Téléphone : 05 62 94 44 44
Type : boulangerie, pâtisserie et salon de thé
7 - Où dormir sur la Vallée de la Baïse à vélo ?
J’ai particulièrement aimé la diversité des hébergements pendant ces cinq jours.
On peut facilement alterner hôtel, camping et chambres d’hôtes, ce qui permet de changer complètement d’ambiance chaque soir.
Hôtel Henri IV à Nérac

L’Hôtel Henri IV est vraiment super bien placé pour une étape sur la V82, en plein cœur de Nérac. Une fois arrivé, on peut facilement laisser le vélo et partir découvrir la ville à pied.
Autre gros avantage : il est possible d’y louer un vélo directement, ce qui peut être pratique si vous voulez découvrir Nérac et les alentours sans venir avec votre propre matériel.
J’ai aussi beaucoup aimé l’accueil : la patronne est vraiment super sympa, et ma chambre était franchement très quali, confortable et soignée.
Et petit bonus après une journée de vélo : l’hôtel possède une petite piscine, parfaite pour barbotter et se détendre un peu avant d’aller dîner !
Adresse : 4 place du Général Leclerc, 47600 Nérac
Téléphone : 05 53 65 00 63
Site internet : https://www.hotelhenriiv.fr/
Camping La Plage de Verduzan à Castéra-Verduzan

Une super adresse pour les cyclistes, surtout en plein été ! Le Camping La Plage de Verduzan est vraiment bien ombragé, ce qui permet de profiter du lieu même quand il fait chaud.
J’ai aussi adoré l’ambiance : les propriétaires sont ultra cools, très accueillants et organisent régulièrement des animations comme des tournois de pétanque, des soirées pizzas et d’autres moments conviviaux.
On se sent vraiment comme à la maison, avec une ambiance simple, détendue et chaleureuse. Après une journée de vélo, c’est exactement le genre d’endroit où on a envie de rester un peu plus longtemps.
Adresse : Rue du Lac, 32410 Castéra-Verduzan
Téléphone : 05 62 68 12 23
Site internet : https://www.camping-castera.com/
L’Été Gersois à Mirande
L’Été Gersois est une maison d’hôtes avec jardin arboré et piscine, située à proximité du centre de Mirande. Elle possède notamment un espace permettant de mettre les vélos à l’abri, ce qui est évidemment très pratique pendant une itinérance.
Une adresse calme et conviviale pour profiter de Mirande avant de repartir le lendemain matin.
Adresse : 13 boulevard Centulle III, 32300 Mirande
Téléphone : 07 65 80 70 75
Informations / réservation : https://www.tourisme-gers.com/chambres-dhotes/lete-gersois/
Le Clos Galan à Galan

Quelle pépite ! Le Clos Galan a été l’un de mes gros coups de cœur côté hébergement sur cette itinérance.
On est super bien reçu, l’ambiance est chaleureuse et j’y ai surtout incroyablement bien dormi. Après plusieurs jours de vélo, c’est exactement le genre d’endroit où l’on apprécie vraiment de poser ses affaires et de profiter du calme.
Et alors côté gourmandise, gros coup de cœur aussi : les desserts et les gâteaux sont faits maison, avec un vrai talent. Franchement, c’était délicieux !
Un super spot pour passer la dernière nuit avant de rejoindre Lannemezan. Je recommande vraiment cette adresse.
Adresse : 13 rue de la Baïse, 65330 Galan
Téléphone : 06 66 86 86 05
Site internet : https://leclosgalan.com/
8 - La Vallée de la Baïse à vélo est-elle difficile ?
Je considère la V82 comme un itinéraire accessible à quelqu’un qui pratique déjà régulièrement le vélo.
Le découpage en cinq journées rend les distances très raisonnables. Les trois premières étapes comprennent entre 40 et 53 km. Le dénivelé est surtout plus présent sur la fin du parcours.
La partie entre Mirande et Galan totalise environ 560 m D+, puis les 16 derniers kilomètres vers Lannemezan ajoutent encore environ 300 m D+. Rien d'insurmontable.
En revanche, il faut savoir que l’on ne roule pas uniquement sur des voies vertes.
À partir du Gers, une part importante du parcours emprunte des petites routes ouvertes à la circulation.
J’ai trouvé celles-ci particulièrement agréables et généralement très calmes, mais il faut malgré tout être à l’aise avec la circulation automobile.
9 - Peut-on faire la V82 à vélo avec des enfants ?
Je ferais une distinction entre les différentes parties.
Le secteur du Lot-et-Garonne, avec ses portions de voie verte et d’ancienne voie ferrée, est beaucoup plus adapté aux familles.
En revanche, à partir du Gers, le parcours emprunte davantage de routes partagées. Elles sont souvent très tranquilles mais ne sont évidemment pas totalement sécurisées.
Avec de jeunes enfants, je privilégierais donc une sélection de portions plutôt que l’intégralité du parcours.
10 - Dans quel sens parcourir la Vallée de la Baïse ?
Je vous conseille le sens :
Agen → Lannemezan.
Déjà parce que c’est celui que j’ai testé.
Mais surtout parce que la progression des paysages est vraiment intéressante. On commence à Agen et au bord du canal dans un environnement très plat. Puis apparaissent les collines de Gascogne. Enfin, on termine avec les Pyrénées devant soi.
On a donc réellement l’impression de progresser vers la montagne pendant cinq jours.
Dans l'autre sens, c'est plus facile et confortable si vous n'avez pas le niveau physique requis ou si vous n'aimez pas les dénivelés plus forts. De plus, l'itinéraire de Lannemezan à Agen permet de prendre son temps. En arrivant en train à Lannemezan, vous n'aurez pas de contraintes horaires (ou journalières) à respecter.
11 - Comment organiser le départ et le retour en train ?

C’est l’un des gros avantages de ce parcours.
J’ai commencé directement depuis la gare SNCF d’Agen, où j’ai laissé ma voiture.
À la fin du cinquième jour, je suis arrivé directement à la gare SNCF de Lannemezan.
Il suffit ensuite de reprendre le train pour revenir vers Agen.
L’organisation est donc très simple et évite complètement d’avoir besoin d’une deuxième voiture ou d'une navette.
Je vous conseille simplement de vérifier les horaires des TER et les conditions de transport des vélos au moment de votre voyage. J'ai eu besoin de réserver un emplacement vélo (gratuit) en prenant en compte la correspondance à Toulouse sur https://occitanie.ter.veloabord.fr/
Conclusion : mon avis sur la V82 et la Vallée de la Baïse à vélo

J’ai adoré découvrir la Vallée de la Baïse à vélo.
Ce que j’ai aimé en premier, c’est la variété.
On commence sur des voies vertes très roulantes au bord du canal avant de rejoindre les petites routes vallonnées du Gers et de terminer avec les Pyrénées devant soi.
Le parcours est bien indiqué, varié et surtout suffisamment accessible pour vraiment prendre le temps de profiter. Et c’est justement ce qui m’a le plus plu. Je ne voulais pas uniquement parcourir 200 km à vélo. Je voulais m’arrêter.
Découvrir le patrimoine, rencontrer des producteurs, visiter les bastides, entrer dans une abbaye, goûter l’Armagnac et les vins de Gascogne ou encore partir quelques heures en canoë.
Mais ce qui m’a probablement le plus marqué pendant ces cinq jours, ce sont les gens rencontrés sur le trajet.
Depuis mon départ d’Agen jusqu’à l’arrivée à Lannemezan, j’ai rencontré des personnes passionnées et vraiment super sympas.
Le mélange entre patrimoine, nature, vélo et gastronomie donne surtout envie de ne jamais regarder sa montre. J’ai également aimé pouvoir dormir dans des hébergements complètement différents : hôtel, camping, maison d’hôtes... Il y en a vraiment pour tous les goûts.
Et évidemment, la gastronomie locale m’a particulièrement fait plaisir.
Avec peut-être un tout petit peu d’abus sur l’Armagnac...
Merci Patrick !!
Si vous cherchez une véloroute en Occitanie pour partir 4 ou 5 jours, accessible sans être monotone et avec énormément de découvertes sur le parcours, la V82 et la Vallée de la Baïse à vélo sont clairement une très belle option.




Commentaires